TRANSALPINE

Après 42 jours de marche, de vol, de bivouac en plein coeur des Alpes, nous sommes arrivés à Ljubljana !!!
La première traversée de l’arc alpin en Biplace a été forte en émotions… si forte que nous nous sommes mariés, Auréliane et moi (Francois) un mois après notre retour.

trajet

950km à vol d’oiseau, 380km en vol (dont un vol de 100km !), presque 700 à pied, 38000m de dénivelé… et des émotions fortes, conséquences d’une météo ventée et d’une erreur de jugement ! des récits sur notre blog : http://une-paire-dans-le-ciel.over-blog.com/ et sur facebook : http://www.facebook.com/unepairedansleciel.transalpine
et dans la presse : Paramente Mag (juin et octobre) et XC mag (juillet et un autre à venir)

Encore Merci à SUPAIR pour leur soutien et leur matériel de qualité !

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Préparatif : 3 jours de Vol Bivouac test dans les Alpes du Sud

Pour préparer notre périple de cet été , nous sommes partis en vol bivouac test dans les Alpes du Sud ! Récit…

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Lundi 14 Mai 2012:

Nous quittons Nice après un weekend en famille direction Saint André les Alpes . Notre objectif: tester en conditions réelles notre portage rando, la configuration portage sac à dos en vol et la configuration dodo dans le bi en altitude. Nous voulons décoller de Saint André puis filer plein nord aussi loin que possible avec retour attendu sur Saint André le mercredi soir.

Nous voilà donc au déco Ouest du Chalvet avec tout notre équipement : 19.5kg pour François, et un bon 16kg pour moi (dont 3j d’autonomie en nourriture et 2 L d’eau). A 12h30 , la brise est déjà bien présente, et se double d’un bon 20 km/h de vent venant du Nord Ouest. c’est donc fort au déco. 2 ailes sont déjà en l’air. En semaine, le site est sinon bien désert.

3 tartines de pâté plus tard, on s’équipe de toutes nos couches disponibles, et on répartit le matériel de bivouac dans nos 2 sacs de portage: nous avions déjà essayé de mettre tout le matériel de bivouac dans le dos de François uniquement, mais après 4h de vol ça devenait insoutenable (tiré en arrière par le poids du sac, il pouvait travailler ses abdo pendant tout le vol…). Nous avions donc essayé de mettre tout le matériel entre nous dans mon sac à dos, pensant que le sac étant calé entre nous, le poids se ferait moins sentir. Finalement même constat, cela reste très inconfortable: soit le sac se positionne trop bas entre nous et je suis moi aussi tirée en arrière, soit le sac est positionné trop haut et m’écrase dans ma sellette..difficile de le maintenir dans la même position pendant tout le vol . Finalement nous avons donc opté pour une répartition du matériel dans chacun des sacs (le matériel « souple » dans le sac qui sera entre nous , et le matériel rigide dans le sac de François).

Pour les déco en bi par vent fort sans assistance, nous avons enfin une technique idéale. On s’habille et on s’équipe des sellettes et sacs à dos . François prépare alors l’aile en arrière du déco à l’abri sous le vent, pendant que je la tiens par un bout d’aile. Puis on se connecte, on prend l’aile en bouchon détrimée de moitiée et on descend s’installer en contrebas du déco. Dès qu’il y a un creux, on lache le bouchon, une bonne tampo et zou, c’est parti! Ainsi, on évite le stress de la préparation avec l’aile qui a envie de partir sans nous ! Dans ces conditions on est bien contents de voler avec ce petit bi light, il génère moins d’énergie au gonflage, ça shoote beaucoup moins au déco! On se sent en sécurité.

C’est donc comme çà que nous décollons du Chalvet. On longe la crête vers le Nord. Mais le vent de NO étant vraiment trop soutenu, on pose au bout de 15 km et on continue à pieds. Après 2 passages de cols, et le soir arrivant, on s’arrête pour bivouaquer au col de la Cine sous le Cheval Blanc.

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Leçon du Jour 1: quand ça ne vole pas, mieux vaut : soit se poser dans une vallée qui va dans la bonne direction et marcher à plat en fond de vallée, soit après le posé, remonter à pieds sur une crête qui va dans la bonne direction et la suivre à pieds. Bref, les montées descentes, ce n’est pas du tout efficace! A vol d’oiseau,seulement 4 km parcourus entre notre posé et notre bivouac!

On bivouaque sous le col, près d’une cabane de berger. Un paisible avant goût de notre périple. Le soleil nous tient compagnie pendant tout le repas et se couche en même temps que nous. Première nuit sous tente à 1 500 m d’altitude avec une doudoune, un sac à viande en soie et le bi en guise de duvet.

Mardi 15 Mai 2012 :

Au réveil, on espère une accalmie du vent car on a repéré un déco potentiel au dessus du col. On y monte pour constater que les aigles tiennent en soaring dès 8h30 du matin, en plus le vent est maintenant vraiment Nord, on est mal orientés.On continue à pieds. Une piste nous redescend à travers les marnes grises vers la Javie. Là on rejoint enfin un fond de vallée dans l’axe! Une joli petite route suit la vallée de la Haute Bléone et nous monte 12 km plus loin jusqu’à Prads-Haute-Bléone , un village bien agréable qui dispose même d’un site de vol libre! Dans la vallée ça turbine avec 40 km/h de vent du Nord. On ne s’arrête pas à Prads et on poursuit jusqu’à Favière. De là , 150 m de dénivelé supplémentaires nous emmènent sur un petit plateau où on trouve un coin pour bivouaquer. Le vent ne faiblit pas…

On aura parcouru plus de 25 km à pieds (15 km à vol d’oiseau vers le nord) et environ 550 m de dénivelé) .On progresse.

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Mercredi 16 Mai 2012:

Cette nuit il a gelé, et le bi a bien joué son rôle de duvet, même pas froid, nous voilà rassurés! Au programme ce matin, on redescend de 100 m sur le hameau des Combes au bord de la Bléone , avant d’attaquer les 800 m de montée vers le refuge de l’Estrop. Le sentier qui longe la rivière disparait bientot , les éboulis successifs et la Bléone on eu raison de lui. On trouve tant bien que mal quelques pierres pour traverser sans se mouiller et on rejoint un 2eme chemin sur la rive d’en face, qui d’après la carte monte aussi au refuge. Le sentier s’élève peu à peu,on traverse les restes d’une énorme avalanche du printemps, qui a dévasté un grand pan de forêt.

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Il fait vraiment froid, d’autant qu’on monte longtemps à l’ombre. François se fait piéger en traversant un 2ème cours d’eau: certains rochers mouillés sont en fait completement gelés et rendus ultra glissant, et plouf, un pied dans l’eau. On sera vigilants sur les prochains .

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On aperçoit enfin le refuge, dans un superbe panorama de cascades et de cours d’eau bien fournis au pieds de la tête de l ‘Estrop.

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Une belle rencontre nous y attend avec le gardien du refuge qui ouvre tout juste pour le we de l’Ascension. Un renard nous rend visite tandis que nous parlons, et chose surprenante, il se laisse approcher à quelques mètres.

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Après cette pause hors du temps, nous reprenons notre montée direction la baisse d’Auriac qui doit nous redescendre sur la Foux d’Allos. 350 m de dénivelé plus haut, nous arrivons au col. Le vent semble avoir faiblit. Craignant d’être sous le vent de la Tête de l’Estrop, nous montons sur le sommet qui lui fait face à 2600m à quelques kilomètres de là. Le vent semble bel et bien avoir baissé comme annoncé par la météo. On décolle donc et tout de suite on monte au plaf’ à 3100m. La vue est magnifique sur les sommets et vallées environnantes. Nous sommes au nord d’Allos, on décide donc de mettre le cap sur le retour, direction Saint André.

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Mais plus on avance, plus le vent de nord se fait sentir, on devait finalement donc bien être abrité du vent par le massif de l’estrop 2950m , étonnant, on pensait s’en être suffisament éloigné pour ne pas être sous le vent à 2600m ! On file plein sud avec des pointes à 65 km/h trimé et on pose 22 Km plus loin après avoir suivi toute la crête jusqu’à Thorame. A la confluence des vallées on se fait chahuter, mais notre bi amortit bien et répond parfaitement aux sollicitation commandes du pilote ! Posé vertical bien négocié. François affale l’aile immédiatement, on se retourne pour courir vers elle avant qu’elle n’ait envie de repartir, j’attrape le stabilo. Ouf, c’est bon! Il ne reste qu’à rentrer sur Saint André. Longue journée!

Mercredi 16 Mai 2012:

Après une nuit à Saint André, on remonte au Chalvet par le chemin (+600m) dans l’espoir de pouvoir crosser (le vent a faibli). Cette fois, on décolle trop tôt. Posé en 2 min. On remonte par l’autre versant après avoir lutté un moment dans les brousailles pour trouver le chemin balisé. C’est repartit pour 500 m de dénivelé.

Maintenant ça ronfle au déco. Il est 15h30 passé. On décolle en contrebas du déco, comme le premier jour. C’est mou, mais cette fois, on tient sans soucis en soaring sur la face ouest direction les antennes au nord puis retour. On reprend à la pointe du Chalvet, et on transite sur la montagne de Chamatte. On pousse jusqu’au Pic de Chamatte et retour pour poser à l’attéro officiel de Saint André à 17h, la brise ronfle encore. Posé vertical une fois de plus… sans se faire arracher une fois de plus.

Au final ces 4 jours nous ont rassurés:

1) Vent fort: notre bi Golden 2 38m2 light se comporte à merveille, sécu au déco comme à l’attéro. On ne sa’est jamais fait arracher. Par ailleurs, sa vitesse et sa perfo sont un un de ses meilleurs atouts, surtout dans les conditions que nous avons eu le 3ème jour. La passagère est maintenant complétement rassurée par les conditions vent fort!

2) Dodo par temps plutôt frais (voire carrément froid!): les 38 m2 de tissus dans la tente font une excellente couette. Validé par 0 degrés le 2ème soir. Nous avons seulement eu froid le dernier soir de retour à Saint André (mais nous n’avions mis cette fois ni la doudoune, ni les draps en soie pensant qu’il ferait plus chaud que les nuits précédentes). Certes, mais en basse altitude c’est aussi plus humide! Bref, la combinaison doudoune+drap en soie+biplace est approuvée.

3) Portage en vol: on garde l’option matériel dans notre dos, réparti dans nos 2 sacs de portage.

4) Portage en rando: pour la passagère,avec 16 kg sur le dos, le sac 110L Aventure offre un confort tout à fait convenable.Mais pour moi c’est le poids à ne pas dépasser. Pour le pilote, les 19 kg sont un peu trop lourds, on va voir ce que l’ont peut encore alléger ( secours ou pas secours?).

5) Electronique: très bonne autonomie du Vario GPS confirmée.

5) Itinéraire: on tire les enseignements du jour1. Avant chaque vol il faudra bien refléchir aux 2 options: où va-t-on si ça vole? Où se pose-t-on pour optimiser la marche? On a utilisé des cartes 1/ 150 000ème,ça donne une idée des routes et massifs, les principaux chemins y sont indiqués. Largement suffisant si ça vole et pour optimiser l’itinéraire de manière générale. Par contre si on doit beaucoup marcher comme on a eu à le faire et qu’on a le malheur de ne pas choisir un fond de vallée…ç’est vite insuffisant, ( 2cols franchis là où on pensait avoir 3 km à la même altitude! ) d’autant plus que les chemins ne sont pas tous remis à jour.

6) Repas et eau: on a utilisé un camel back 2 L et 1 bouteille 1L. C’est juste bon pour un soir et un petit déjeuner en gardant un peu d’eau pour les premiers kilomètres de la journée. On a souvent trouvé de l’eau sur notre parcours, mais on va vraisemblablement prendre soit une bouteille de plus soit un camel de plus. Il nous reste un doute sur le type de réchaud: soit un réchaud fait maison ,ultra léger à alcool, rechargeable partout soit réchaud gaz MSR (quelques doutes subsistent concernant l’approvisionnement en cartouches…)

7) Vêtements: Rien de plus, rien de moins, c’est bon comme ça. On remplacera juste nos shorts de randonnée par des cuissards type course à pieds, pour éviter les plis au niveau des hanches!

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Merci à Gradient, Sup’air et Reversale pour leur soutien dans cette aventure !