EXPEDITION PAKISTANT 2013

Des vols de 200km à plus de 6700m d’altitude, entre le K2, le Broad peak, le Nanga Prabat, le Gasherbrum, les Trango tower…  30 sommets de plus de 7000 dont 5 de plus de 8000m.
Au total, 150h de jeep sur des pistes inoubliables pour 40h de vol dans des décors surréalistes.

Notre team le « Chapati team » :

Quatre pilotes et amis de longue date. Veso Ovcharov (Bulgarie), François Ragolski (France), Petar Loncar (Serbie) ainsi que Adrien Shams pilote et cameraman  (Français d’origine Pakistanaise).  Ainsi qu’un invité de luxe, pièce rapportée sur la fin de l’expé qui apporte un grand plus à l’équipe, Mathieu Abrar (France) nous rejoint à Booni où il nous régale dès son premier jour d’un triangle de 170km.

François Ragolski Pakistan Chapati team Hushe3

Côté matos :

Voile :  Synergie5, Sol

Sellette : XP2 et delight, Sup’air

Secours : Beamer2, Nova

GPS : VGP, Reversal et balise spot

 

L’expé s’est déroulée dans le massif du Karakoram : le « troisième Pôle »

Une heure après avoir dépassé le Nanga-Prabat (8125m) nous roulions entourés de montagnes à 6000m depuis 10h quand le chauffeur nous annonce : «Nous allons commencer à voir de vraies montagnes ».

 

Bienvenue au paradis du vol libre !

Mai et Juin sont les deux mois les plus favorables pour les vols au Pakistan. Les conditions de vol sont démesurées. Des thermiques de 4000m sympas et réguliers, des paysages incroyables, mais aussi des venturis et des rotors de l’espace genre machines à laver de compétition.

Voler par grand froid dans les conditions les plus puissantes de la planète, gérer le pilotage, les prises de vue et les appareils de vols réclament quelques habilités et un équipement adéquat. Je vous conseille vivement une voile et une sellette bien adaptée à votre niveau.

Les vols en local restent très abordables, mais les cross country peuvent vite devenir dangereux. Les conditions rendent les vols tellement compliquées qu’un bon niveau en analyse météo et en pilotage est préférable. Tout le monde ne peut pas se permettre de voler dans ces montagnes. Nous n’avons eu aucun incident malgré des turbulences hors du commun.  Petar a fait 200m d’autorot, de mon côté j’ai décroché une dizaine de fois sans le vouloir. Nous sommes tous passés à la machine à laver, et ressortis tous transpirants au moins une dizaine de fois. Bilan que du bonheur !

L’équipe fut très surprise par l’accueil des Pakistanais. Un nombre incroyable d’enfants attendent en chantant et en applaudissant à chaque atterrissage, que ce soit en ville ou dans un village de berger à 4000m d’altitude. Le peuple Pakistanais et très accueillant, il semble qu’ils font leur possible pour améliorer l’image médiatique déplorable de leur pays à l’international.

Hushe l’altitude: définitivement l’endroit le plus impressionnant où j’ai volé dans ma vie. Hushe est situé au milieu des plus grandes montagnes de la planète (K2, Broad Peak, Gasherbrum1 et 2, K6, K7, Masherbrum…) Quatre  8000m et plus de trente 7000m entourent ce village. Coupé du monde sans téléphone ou connexion internet Hushe possède un petit hôtel construit pour les expéditions d’alpinisme. L’accueil des villageois est incroyable, tous les enfants sont présents et nous entourent en observant et rigolant. En juin la saison d’alpinisme n’a pas commencé et nous sommes les seuls étrangers. Nous constatons des surdéveloppements orageux et des changements de force de vent incroyables que nous n’avions rencontré nul part auparavant. Tout ici force le respect.

Nous rencontrons « Litel Karim » qui devient vite un ami de luxe. Il est le plus fameux des porteurs Pakistanais. 10 fois sur le K2 dont 7 fois à moins de 100 m du sommet et une fois au sommet. Il fut le premier Pakistanais à 8000m.  En 1979, il a monté sur son dos le deltaplane de Jean-Marc Boivin jusqu’au camp 4 du K2 (7600m). Karim nous donne des indications précieuses sur les éventuels atterrissages que nous allons rencontrer. Nous comptons survoler quelques-uns des plus grands glaciers du monde. Un atterrissage au mauvais endroit implique des conséquences tragiques. Il nous indique quels glaciers se traversent facilement et lesquels sont à éviter. De quel coté poser…  Nous prévoyons de rester dans un périmètre inférieur à 3 jours de marche en cas d’atterrissage forcé.

A Hushe il faut marcher 1000m pour rejoindre le décollage à 4000m d’altitude. Notre premier vol nous amène au dessus d’immenses glaciers puis à 6000m contre le Masherbrum. Le mur devant nous monte à 7821m et nous renonçons de tenter le soaring jusqu’en haut dû aux nuages qui se développent soudainement.

De retour à Hushe nous fêtons un des plus beaux vols de notre vie avec tous les enfants du village qui nous attendent à l’attéro en applaudissant et en chantant. Ici tous le monde connait la fameuse chanson « alouette gentille alouette », elle fut transmise au pakistanais par des alpinistes français dans les années 80 et les enfants nous la chante dans la joie.

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Hunza les vacances

Ici les dimensions sont trompeuses : on vol 50km quand on se retourne, le déco est toujours à portée de mains. Chaque rocher que l’on aperçoit au loin se révèle être une montagne de plus 200m. On fait un vol en local de plus de 80km contre les parois de 5000m de neige vertical du Rakaposhi (7788m). Quelques incroyables vols nous attendent autour du fameux « Lady Figner ».

Les conditions peuvent y être généreuses… En sortie de déco, Petar prend le premier thermique qui le monte à 6700 m, vertical du déco, en seulement 10 min (soit un gain de 3800m).

 

Booni Cross countryside

Booni  se situe à 15km de la frontière Afghane. Le spot est incroyable paysages, thermique,  ambiance mais aussi un vol de 250 km au milieu de paysages surréalistes. Ici, nous rencontrons les 15 uniques parapentistes dans tout le nord du Pakistan.  Après six jours de pluie et de discussions « parapente-religion-politique »  (pour changer de « parapente et femme » plus classique en Europe), nous commençons à nous imprégner de la culture et de l’hospitalité débordante des Pakistanais. Nous profitons du mauvais temps pour faire du gonflage et former notre guide et ami Shujjat. En quelques secondes, j’enlève mon cocon de ma sellette cross XP2 et la transforme en parfaite sellette école avec airbag et secours. Shujjat gonfle sans aucun souci ma synergie et la garde sur la tête tout au long de la pente école.

Le beau temps refait surface et Veso réalise un vol de 200km (face au vent). Décollage de Booni et atterrissage à Gilgit après avoir survolé un nombre incroyable de glaciers et de sommets à plus de 6000m. Mathieu Abrar vient d’arriver de France et intègre l’équipe. Il nous régale dès son arrivée d’un triangle de 170km.

Nous repartons quelques jours sur Hushe puis le 9 juin nous quittons les montagnes. Nous choisissons de partir en volant pour éviter les 8h de jeep pour rejoindre la ville la plus proche. Un petit cross de 70km au milieu des « dolomites version himalayenne ».

Nous aurons la joie de vous présenter un documentaire vidéo de 24 minutes autour de l’expédition et du parapente au Pakistan, réalisé par la production « Shamsprod », il sortira courant septembre à l’occasion de la Coupe Icare.

Nous voilà condamnés à recommencer l’aventure. Nous sommes tous devenus addicts au plus grand terrain de jeu pour parapentistes au monde !

Le mot : « montagne » n’est pas assez grand pour le Pakistan, ces montagnes dépassent la réalité. Le pays impose une bonne compréhension aérologique et un niveau de pilotage élevé. En échange il offre aux pilotes qualifiés la chance de voler en XXL.

Pour les intéressés, n’hésitez pas à me contacter concernant ma petite expérience au Pakistan.

François Ragolski

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